Valls s’en prend aux capacitaires, Quelles sont les conséquences?



Encore. Toujours. Des débats. Des opérations escargots. De grosses voix dans les rues… et des voix que l’on n’entend plus. Les taxis mettent le frein à main pour trouver une scène de fortune, mais c’est toute une économie qu’ils font stationner de force. Aujourd’hui CAB Formations prend la parole, et parle pour ceux que l’on n’entend moins.


On prend les mêmes et on recommence

Qui n’a pas entendu les scandaleux débordements des taxis cet été suite à la montée en puissance des VTC qui souhaitaient simplement démocratiser et moderniser le transport de personnes en s’appuyant sur des outils propres à notre époque, propres à notre société jeune et vivante, mobile autant dans ses mouvements que dans son identité connectée.
Qui n’a pas entendu, peu de temps après, la semi-victoire des taxis, parvenus à faire supprimer en France UberPop. Aujourd’hui, tendez bien l’oreille car rebelotte: une grève et voilà le gouvernement qui courbe le dos à nouveau, comme avilie, un gouvernement qui se soustraie à ses engagements et bafoue ses promesses.

Qui sont les victimes cette fois-ci ? Distinguons les victimes directes dans un premier temps, puis les victimes collatérales, qui n’en sont pas moins touchées, si ce n’est même plus sournoisement.

LOTI au pilori

Parlons législation, histoire, théorie… parlons comme ça parle en haut, dans les grands bureaux du gouvernement, la diplomatie politique en plus, celle qui permet de couper des têtes avec des gants de soie. En 1982 est établie la Loi d’Orientation des Transports Intérieurs, d’où le nom LOTI qui recouvre alors les chauffeurs capacitaires. LOTI encadrait leur statut notamment à travers une caractéristique majeure: les capacitaires sont transporteurs de groupe, c’est à dire qu’ils peuvent prendre de 2 à 9 passagers.

Voici un petit schéma explicatif pour mieux cerner la distinction VTC / capacitaire.



nouvelle loi loti

En pratique, cette loi a été quelque peu transgressée – mais disons moins que la loi Pasqua de 1995 interdisant les taxis de revendre leur licence, ce qui, en tout bon sens, et dans une logique similaire de création d’emploi et de croissance économique, ne les a pourtant pas empéché de le faire– et c’est ainsi que l’on retrouve des capacitaires utiliser des applications mobiles les conduisant ainsi à ne transporter qu’un voyageur unique, à l’instar des VTC.

Et le prix de la victime 2016 est décerné à…

Parallèlement à ces nouvelles pratiques, côté taxi, la tension monte considérablement depuis quelques semaines. Toujours motivés par cette frustration du monopole qui leur glisse entre les doigts, ils organisent une manifestation Taxi mardi 26 janvier et mobilisent plusieurs villes françaises. Vingt-quatre heures plus tard, un entretien leur est accordé à Matignon, et Laurent Grandguillaume est nommé médiateur pour intervenir dans ce lassant conflit Taxi-VTC. Mais cela ne leur suffit pas, une discussion sur 3 mois ne règlera pas leur problème, ils veulent des réponses, des mesures strictes, immédiates et, bien entendu, en leur faveur. L’hiver dure, la manifestation VTC Taxi aussi. Mais, fort heureusement, les taxis sont abonnés aux happy end.

Alors, le lendemain, jeudi 28 janvier, une seconde entrevue leur est accordée à l’issue de laquelle, M. Valls leur octroie une mesure surprenante. Les capacitaires seront désormais interdits d’utiliser les applications de type Uber et les contrôles physiques seront alors intensifiés.

Mesure surprenante, pourquoi ? Parce que la cible n’est plus les VTC eux-mêmes ou les applications mobiles : on déplace le problème pour s’attaquer à plus faible, à moins préparé à cette guerre. Alors, certes, si l’on tient compte de cette fameuse loi LOTI de 1995, cette décision tombe sous le sens. Néanmoins, au delà des scandaleux débordements de l’été dernier et de la suppression d’Uberpop, une autre information n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. N’avez-vous pas entendu, il y a tout juste trois semaines, M. Hollande en personne statuer comme fervent défenseur de l’emploi. Ne l’avez-vous pas entendu en faire d’ailleurs un élément central de sa politique nationale ? Dans ce cas, dans un souci de cohérence, le gouvernement pourrait-il nous dire ce qu’il advient de ces 10000 chauffeurs capacitaires qui se retrouvent menacés de chômage ? En France, à l’heure actuelle, et compte tenu des fabuleuses perspectives qu’offre ce secteur à l’échelle mondiale, il est déplorable de voir ce sabordage, typique de l’individualisme ambiant.

Les centres de formations gelés

Mais les victimes collatérales de cette mascarade, ce sont les centre de formations VTC. Nous voilà positionnés comme spectateurs de cette mauvaise pièce, qui en plus d’être terriblement consternante s’avère être un piège sordide, qui nous tue à petit feu.

Nous observons l’absurdité de ces interventions gouvernementales si tant est qu’il y en ait, et sommes condamnés à l’expectative. En effet, mis à part déplacer le problème et se cacher sous la table, l’État fait en sorte que tout reste en suspend. Voilà des semaines que nous attendons l’application de l’arrêté ministériel concernant les nouvelles mesures liées au métier de chauffeur VTC. Elles conduisaient à remplacer les 250 heures de formations VTC par un examen– ce qui faisait déjà gronder, fin 2015, VTC et taxis. Mais, à la surprise générale, aucune décision n’a été officiellement signée jusqu’à présent, sans être pour autant abandonnée.

En toute logique, les centres de formations ont cessé leur activité depuis l’annonce de cet arrêté. Et c’est à un gouffre vertigineux que nous nous exposons, avec ses conséquences désastreuses d’un point de vue économique mais également au niveau de l’emploi, qui, là encore, ne semble pas ébranler M. Hollande. Voilà maintenant deux mois que toute notre activité est gelée, et sans information de la part du gouvernement, nous nous voyons dans l’incapacité de mener la moindre action pour rebondir: impossible de former les candidats, mais impossible aussi de les préparer à l’examen.

Alors plutôt que de taper sur de nouvelles têtes et de s’éparpiller en prenant, qui plus est, des décisions hâtives (et tout le monde sait que la précipitation est stratégiquement peu habile), ne serait-il pas préférable pour le gouvernement de se concentrer sur ses priorités ?
Mais peut-elle la question est-elle de savoir quelles sont ses priorités… générer de l’emploi ? trouver un terrain d’entente entre VTC et taxis pour enfin parvenir à les faire cohabiter ? à moins que la priorité soit simplement de satisfaire le lobby taxi ?

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  1. Selon moi il faudrait porter l’information aux médias sur ce que le gouvernement à fait sur les licences de taxi et qu’il rende la licence taxi gratuite afin assainir le marché de la licence qui est onéreuse et devient un marché juteux pour qui en profite et cela fera tomber la pression des lobies chauffeurs de taxi.

  2. […] les chauffeurs VTC, c’est le rebondissement de trop. Après toutes les minauderies des taxis, voilà encore une application qui, selon les VTC, joue une nouvelle fois en leur défaveur. En […]

  3. […] La première hypothèse serait une sorte d’épuration du métier : on fait de l’examen VTC une épreuve ultra sélective pour ralentir la domination VTC du marché du transport de personnes. Une hypothèse qui profiterait principalement aux taxis. Dans la guerre VTC/Taxis, le gouvernement aurait donc cédé une énième fois au lobby des maraudeu…. […]

  4. […] après les derniers articles CAB concernant réforme VTC et projets de lois. À l’époque, ça ne sentait pas très bon pour les LOTI qui se voyaient immergés dans le conflit VTC/taxi sans avoir vraiment vu le coup venir. Côté VTC […]


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