4ème examen VTC : Le grand débat



Ce mardi 5 juillet, premier mardi du mois, avait lieu pour la 4ème fois l’examen VTC, épreuve nationale devenue inévitable pour obtenir sa carte professionnelle de chauffeur VTC. Revenons sur cette journée où le projet de loi était sur toutes les lèvres…




4ème examen VTC : à deux doigts de l’examen taxi

  huissier examen VTC 12h30 À Évry, les premiers candidats de CAB Formations approchent de la salle d’examen. Certains se sont connus dans les salles de cours. D’autres, ayant suivis la formation VTC e-learning trouvent en leur stress commun un prétexte à la discussion. “4 fois. J’ai passé l’épreuve de taxi 3 ou 4 fois, j’ai pas réussi. C’est trop dur ! Ça demande d’avoir fait trop d’études. Les questions de français avec les expressions françaises bizarres… tu dois apprendre un livre entier, et c’est pas fini ! En plus c’est 4 examens ! Quatre ! Tu en passes un, puis un second. Au troisième, si tu échoues tu ne passes pas l’épreuve finale ! Et il n’y a que 4 examens par an ! Je regrette d’avoir perdu du temps avec la formation taxi : si c’était à refaire, il y a un an, je passerais la formation VTC de 252h” et Rogerio repartirait carte professionnelle en poche sans ce stress de l’examen. Aujourd’hui, il est trop tard pour changer cela mais encore suffisamment tôt pour ne pas reproduire cette erreur : dans quelques semaines l’examen VTC ressemblera de près à l’examen taxi. La proposition de loi de Laurent Grandguillaume évoque effectivement l’instauration d’un tronc commun VTC/Taxi. “Ils veulent limiter les véhicules en ville, il y a déjà trop de taxis pas de place pour autant de nouveaux VTC” Le visage marqué par l’ombre de cette épée de Damocles, Rogiero qui a suivi la formation VTC e-learning veut absolument passer l’examen avant la réforme.

examen VTC14h00 L’épreuve de Droit du transport va commencer dans quelques instants. Ibrahima demande “il y a un examen en août ?”. Oui, bien sûr, le premier mardi comme toujours. “J’espère qu’on l’aura tous aujourd’hui, poursuit-il,parce qu’en septembre, ça change ! L’examen avec les taxis ça va être difficile… Il faut l’avoir maintenant !” La conversation est coupée, les énoncés sont distribués et d’un coup la salle plonge dans un profond silence comme chaque mois, rythmé par les pages qui se tournent, les stylos qui cochent ou noircissent les cases, et par les jambes qui sautillent frénétiquement.

Avec nous, Adam surveille l’examen mais surtout envie les candidats : il souhaite devenir chauffeur VTC et suivre la formation à nos côtés. Ce matin, il commençait son premier jour de stage d’observation au sein de CAB Formations. Une expérience demandée par la Mission Locale afin de constituer son dossier de demande de financement formation VTC. Ainsi il espère s’inscrire au plus vite, et de préférence avant septembre. “Je ne suis pas optimiste si on ne se bat pas…! Le nouvel examen va être dirigé par un type du syndicat des taxis ! Ça c’est pas en notre faveur, nous futurs VTC ou LOTI futurs VTC. Déjà, en Février, la loi a changé et ça n’a pas été à notre avantage. Si on laisse passer ça… on va pas s’en sortir, ça va s’empirer car le lobby des taxis exerce une forte pression sur le gouvernement… Je ne suis pas au courant de tout, mais je me renseigne quand même un peu, parce que c’est mon projet d’avenir, et je sais ce qui se passe actuellement, également que la G7 a un pas en politique… alors ça propose des arrangements mais chacun pour son propre intérêt.



examen VTC 15h50 Au bout de trois épreuves, les plus importantes (Droit du transport, Sécurité routière, Gestion d’entreprise : les trois matières aux coefficients les plus élevés), les candidats vont se dégourdir les jambes le temps d’une courte pause. Certains passent l’examen pour la 3ème fois. Désireux de travailler au plus vite, leurs projets sont ralentis par la difficulté de l’examen. Papy Koubatsu a testé une nouvelle façon de réviser, plus consciencieuse cette fois et appuyée sur notre formation VTC en ligne qu’il trouve bien mieux adapté à sa méthode de travail que les cours en salle. Il semble plus confiant que les 2 examens précédents et satisfait du travail qu’il a fourni pour en arriver là. Il regrette que certains de ses camarades aient changé de centre de formation à cause de la difficulté de l’examen. C’est faisable, il faut travailler. Nous retrouvons Rogiero, qui semble un peu inquiet, les 3 premières épreuves lui ont rappelé de mauvais souvenirs qui paraissent l’avoir traumatisé : “beaucoup de questions sont identiques à l’examen taxi ! Elles étaient dans le cours e-learning mais c’est difficile… on n’est pas encore en septembre et ça ressemble déjà à l’examen taxi ! Et c’est beaucoup de code de la route, des panneaux bizarres qu’on ne rencontre jamais !”


examen VTCÀ peine plus loin, Isabelle attend d’entrer dans la salle. Elle ne s’est laissée impressionnée ni par ce métier d’homme, ni par les recommandations de son voisin de pallier, lui-même taxi, la mettant en garde contre l’animosité qui règne entre les deux professions. Elle rêve de liberté, de pouvoir partir en week-end avec son compagnon steward même lorsque ce n’est pas le week-end, d’acheter sa propre voiture et de s’épanouir VTC.

  “C’est maintenant ! Pas d’alternative : c’est impossible que je le passe après. Je n’y pense même pas. Une fois qu’il y aura le tronc commun avec les taxis, l’examen VTC sera trop dur. Alors pour me donner toutes les chances de réussir cet examen, je le passe en juillet. Pourtant je me suis inscrite il y a quoi ? 2 semaines ? Mais le temps presse et je préfère le rater une fois et avoir le temps de le repasser en août. Ils complexifient les choses alors que ces types veulent juste bosser, ils travaillent comme des chiens pour ça ! C’est leur avenir qui est en jeu, c’est tout ce qu’ils ont parfois. L’autre jour, à la Croix Rouge j’ai rencontré un jeune chauffeur il m’a dit “J’ai pas de femme. J’ai pas d’enfant. J’ai rien. Tout ce que je veux c’est réussir à m’acheter une voiture.” Il dort 4 heures par nuit. Il bosse 8 heures chez Uber, ensuite il enchaîne avec une autre plateforme.”

examen VTC

examen VTC18h Fin de l’examen VTC. Karim, chauffeur capacitaire à passé l’examen en candidat libre pour prévenir les nouvelles réglementations en perspective : l’interdiction d’utiliser les plateformes comme Uber pour les LOTI. Bilan : « la relation client était plus simple que pendant les examens blancs disponibles sur le site de CAB Formations. Là, c’était franchement du bon sens, et moi j’ai 1372 courses à mon actif dont 915 notées 5 étoiles donc la relation client ça me connaît » dit-il, profil Uber à l’appui. Globalement, l’examen s’est bien passé « mais la gestion par contre j’ai échoué, je sais déjà que je devrai repasser l’examen VTC le mois prochain et que je prendrai le module de gestion en e-learning chez CAB Formations. Mais c’est pas grave, je n’ai pas de regret. Je l’ai passé aujourdhui et au moins je serai mieux préparé pour le mois d’août. Parce que l’objectif c’est de réussir avant septembre ! Ça va être très difficile après ! Et la Chambre de Métiers et Artisanat qui organisera notre examen est présidée par un haut représentant des taxis ! C’est complètement subjectif ! Alors qu’à côté de ça les clients continuent de dire que la prestation proposée par les VTC a un véritable plus comparée à celle des taxis ! Mais.. l’État ne sait pas faire la part des choses. Moi personnellement je suis perturbé par la rapidité avec laquelle le gouvernement a cédé aux pressions… Il y a une discrimination claire : l’élévation sociale d’une certaine classe perturbe. Alors c’est sûr on n’a personne au gouvernement, personne chez nous n’est lié de près ou de loin avec tel ou tel politicien mais pourquoi nous bloquer ? On veut travailler nous, juste, c’est tout… »



examen VTC Derrière, Ibrahima qui souhaitait connaître la prochaine date d’examen avant même de commencer celui-ci est impressionné par le palmarès de Karim. Lui, s’est lancé il y a tout juste 1 semaine et son compteur n’est pas encore aussi glorieux. Mais peu importe, le métier le séduit déjà et il voit en la carte professionnelle VTC un sésame à beaucoup de choses.  » Je veux travailler à mon compte ! Ça peut m’ouvrir plein de portes ! Être à son compte c’est essentiel pour ne plus être dépendant de quelqu’un et c’est plus rentable : malgré les charges je sais où ira l’argent gagné. Et avec la partie qui me revient mes projets futurs seront facilités ! Non, vraiment c’est un bon investissement..! »

  Mais Ibrahima à peur : il a été informé des projets de loi proposés par Laurent Grandguillaume. « La loi va s’imposer ! On doit faire quelque chose ! Vite, il faut qu’on s’allie et que l’on fasse quelque chose ! Parce qu’aujourd’hui les taxis sont contre l’accessibilité de la formation VTC qui mène à un métier proche du leur alors qu’eux, doivent se ruiner dans une licence et subissent un examen trop difficile. Si on va dans le sens de cette loi, on va se retrouver avec une formation longue et très très chere ! Moi ça ne m’intéresse pas ! C’est incompatible avec le profil des prétendants à ce métier »


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  1. […] se prépare et promet de bouleverser encore un peu plus l’accès à la profession. Souvenez-vous, cet été les candidats à l’examen VTC tremblaient devant leurs copies. L’enjeu n’était plus simplement de réussir cette épreuve, mais de la réussir avant […]


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